Les monomurs en terre cuite

L’argile dans la construction est un matériau ancestral utilisé depuis environ 6 000 ans. Les briques étaient composées d’un mélange d’argile et de terre séchée au soleil, appelé adobe…


Les briques pleines ou mulots ne sont plus très utilisées. Elles sont lourdes, compliquées à mettre en œuvre et très peu performantes thermiquement. Néanmoins, elles sont encore appréciées pour leur fonction décorative, en parement de murs intérieurs ou extérieurs.
Les briques à alvéoles horizontales sont utilisées pour la construction en tant que matériau porteur ou de remplissage. Leurs performances thermiques pour l’isolation répartie d’un bâtiment sont cependant insuffisantes. Il est nécessaire de mettre en œuvre un isolant rapporté par l’intérieur ou par l’extérieur. Les briques de faible épaisseur sont utilisées pour la réalisation des cloisons (briques plâtrières).

Les briques à alvéoles verticales multiples ou monomurs en terre cuite sont beaucoup plus intéressantes, car elles affichent de bonnes performances thermiques et acoustiques.
La masse volumique des monomurs en terre cuite est comprise entre 650 et 850 kg/m3.
Grâce à leur forte inertie, il règne une atmosphère tempérée et agréable dans l’habitation tout au long de l’année.
La terre cuite est un matériau qui ne contient pas de matières organiques (facteur principal de développement des micro-organismes). Elle est totalement inerte, ne présente aucune toxicité pour l’homme et ne libère aucune fibre, ni particule, ni émanation de COV.
L’énergie grise nécessaire est la plus élevée de tous les systèmes de monomurs, soit de 600 à 770 kWh/m3.

Compte tenu de la nature incombustible des blocs de terre cuite et du mortier des joints, la réaction au feu est excellente. Le degré pare-flamme d’une paroi est de 6 h et le degré coupe-feu de 2 h.

Les monomurs en terre cuite font preuve d’une grande résistance à l’écrasement : une brique de 30 cm à joint mince peut supporter près de 65 t. Ils offrent également un bon comportement, à l’accrochage, face à un dégât des eaux ou en cas d’inondation. Ils sont insensibles au gel et aux rongeurs. Par leur nature minérale dénuée d’humidité, ces blocs évitent la prolifération d’hôtes indésirables (moisissures, acariens…).

Les performances thermiques des monomurs en terre cuite sont très variées. Elles sont légèrement diminuées par le remplissage des joints verticaux, comme cela est exigé dans certains cas, par les normes parasismiques. Elles sont très diminuées si l’on opte pour un montage traditionnel au mortier de ciment, puisqu’il y a alors création d’un maillage de ponts thermiques linéaires. Les blocs classiques affichent un coefficient de conductivité thermique compris entre 0,12 et 0,18 W/m.K. Cela permet d’obtenir en moyenne, avec des blocs de 30 cm de largeur, un coefficient U mur fini de 0,37 W/m2.K. Avec des blocs de 36,5 cm de largeur, le coefficient U atteint 0,33 W/m2.K. Avec des blocs de 50 cm, le coefficient U tombe à 0,27 W/m2.K.

D’après L’isolation © DFTG

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